Naissance du cabinet LAZULI

Il est des décisions qui ne relèvent ni de la rupture, ni du saut dans le vide, mais d’un mouvement plus lent, presque silencieux, dont l’issue n’avait rien de nécessaire ni même de prévisible, mais qui finit par s’imposer avec une forme d’évidence. Il en va ainsi de la création de LAZULI.

Avant le droit, j’ai évolué dans un autre univers, celui de la culture, de la musique, des artistes. Un environnement dans lequel la création n’est pas un concept juridique mais se vit, s’incarne et se heurte à des contraintes matérielles. Travailler au plus près de ces acteurs (chanteurs d’opéra, comédiens, instrumentistes), entre mes 25 ans et mes 31 ans, c’était déjà être confronté, sans en être nécessairement conscient, aux enjeux de la propriété intellectuelle : la question de la titularité, celle de la création, celle, plus diffuse encore, de la protection d’une valeur immatérielle par nature instable.

Le droit est venu ensuite, non pas en rupture, mais comme un prolongement. Une manière de donner un cadre, une méthode et des outils à des problématiques que j’avais déjà rencontrées sous un autre angle, lorsque j’étais chargé de communication aux Arts Florissants ou administrateur général de la troupe des Deschiens. La formation, puis l’exercice de la profession en cabinet, ont apporté la rigueur, la technicité, l’exigence, et cette capacité à entrer dans des dossiers parfois complexes, souvent décisifs, toujours structurants pour ceux qu’ils concernent.

Au fil des années, j’ai travaillé sur des contentieux complexes en propriété intellectuelle, mis en place des stratégies de dépôt de marques, participé à la défense d’intérêts économiques qui, bien souvent, reposaient sur des actifs intangibles. Cette pratique, nécessairement technique, m’a progressivement conduit à déplacer légèrement le regard que je portais sur la matière. Car, aux stades du dépôt, de la défense, de la négociation ou de l’exploitation, se dessine en réalité une série de choix qui relèvent moins de la seule application du droit que d’une véritable logique stratégique.

La propriété intellectuelle ne se limite pas à un ensemble de règles qu’il s’agirait de maîtriser avec précision ; elle constitue un outil, parfois décisif, dans la manière dont une entreprise se structure, se développe, se protège ou s’affirme. Elle peut être un levier de négociation, un instrument de sécurisation, ou, dans certaines situations, un véritable rapport de force.

Pendant longtemps, pourtant, je n’ai pas envisagé de créer mon cabinet. Non pas par réticence, ni par manque d’intérêt, mais parce que mon exercice en cabinet me convenait, tant par la qualité des dossiers et par mes relations avec mes collègues chez TAoMA Partners et Joffe & Associés, que par l’exigence intellectuelle que ce travail impliquait . Cette période m’a formé, structuré, et permis de développer une pratique du droit à la fois précise et opérationnelle.

Et puis, progressivement, une autre logique s’est imposée. Non pas celle d’« entreprendre » au sens classique du terme, mais celle d’exercer le métier dans un cadre entièrement aligné avec la manière dont je concevais son utilité. Il ne s’agissait plus seulement d’intervenir sur des problématiques identifiées, mais d’en assumer la lecture d’ensemble, d’en porter la cohérence d’un bout à l’autre, et, en définitive, d’en décider les orientations en partenariat avec mes clients.

La création de LAZULI procède de ce mouvement. Elle constitue le prolongement naturel de mes plus de sept années précédentes, dans un cadre que me suis désormais entièrement approprié.

Le choix du nom LAZULI s’inscrit dans cette même logique. Le lapis-lazuli est une pierre qui, à l’état brut, ne révèle qu’imparfaitement sa valeur. C’est le travail qui lui donne sa forme, son utilité, et sa valeur. En matière de propriété intellectuelle, les actifs immatériels obéissent à une logique comparable : une idée, une création ou une innovation n’acquièrent leur pleine portée qu’à la condition d’être structurées, protégées et intégrées dans une stratégie cohérente.

C’est précisément ce que LAZULI entend proposer : une pratique du droit de la propriété intellectuelle qui ne se limite pas à la technicité, mais qui s’inscrit dans une lecture plus large des enjeux économiques des clients. Intervenir en amont pour éviter les fragilités, accompagner les phases de développement avec discernement, et défendre lorsque cela s’impose, avec précision et détermination.

LAZULI est né de cette logique.

La suite reste, comme toujours, à construire.

Jérémie LEROY-RINGUET, avril 2026

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